Vertige d’acier

Les Iroquois (« Mohawks ») sont le peuple des « maisons longues ». Leurs constructions, qui dépassaient les 60 mètres de long, témoignaient d’un savoir-faire ancestral qui est encore un fort symbole identitaire.

New York State Museum

« Maison longue ». Source: New York State Museum

De la hutte longue traditionnelle au gratte-ciel aujourd’hui, il semble y avoir un monde. Et pourtant, cette transition vers la modernité a conduit les Iroquois à construire de nombreuses tours d’acier. Il est remarquable que ces bâtisseurs et charpentiers aient été de grands artisans de l’édification du skyline de New-York!

Devant le Chrysler building

Construction devant le Chrysler building.  Source: Mohawk Cultural Center

Une croyance tenace a collé à la peau des Irokois, qu’on disait sans peur des hauteurs. Entre l’inné et l’acquis, c’est bien les savoirs et les techniques qui se sont transmis, bien plus qu’un hypothétique gène permettant d’être à l’aise au sommet des villes. C’est ce que précise d’emblée le National Museum of the American indian en consacrant une exposition à ces charpentiers de l’extrême : « beaucoup de gens pensent que les Mohawks n’ont pas le vertige, ce n’est pas vrai ».

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Le documentaire High Steel de Don Owen (1965) aborde le destin de ces vertigineux bâtisseurs. On rappelle ainsi que les Mohawks ont travaillé à la construction du Pont Victoria, le premier pont ralliant l’île de Montréal à la Rive-Sud. Difficile aussi de mettre de côté  l’effondrement du pont de Québec, qui a vu 36 amérindiens de Kanawake perdre la vie et qui fut un événement considérable pour cette communauté.

Les conditions de travail étaient très dangereuses de par la hauteur des ouvrages et de par les innombrables poutres d’aciers qui surplombaient les chantiers avant d’être posées. Pesant environ 8 tonnes, ces « beam » d’acier étaient à la fois le pain, le perchoir et le plus grand danger des constructeurs de gratte-ciel. Dans le froid, les poutres d’acier devenaient aussi particulièrement glissantes.

Mais il y a un défi à travailler au sommet: celui de gagner de l’argent mais aussi de poursuivre l’œuvre des ancêtres bâtisseurs, de s’inscrire dans une continuité.

Entre tradition et modernité, entre maison-longue et gratte-ciel, le destin vertigineux des Irokois est celui de constructeurs invétérés.

À propos Urbabillard
Partager la ville

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :