Architecture de bois pour revitaliser Brooklyn

Les voies d’eaux étaient très utilisées durant la glorieuse période industrielle de New York. Marchandises et matières premières se retrouvaient dans la métropole pour être utilisées, transformées ou redistribuées. En proposant de relancer la construction en bois, les canaux fluviaux historiques pourraient redevenir des voies de transport incontournables, en plus de concevoir des modes de construction plus écologiques.

Le Concours d’architecture : «Timber in the city » a  été mis de l’avant par l’industrie du bois et l’association collégiale d’architecture américaine, il permet d’imaginer  la revitalisation urbaine en tirant profit de la forêt au Nord de New-York.

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Le site d’intervention est localisé dans le quartier de Red Hook, anciennement la partie la plus active du port de New York. Le quartier est enclavé mais connaît un certain renouveau. Un projet étudiant conçu en 2009 à Montréal avait déjà proposé un développement du site, intégrant l’art et jouant sur les particularités du quartier. Le redéveloppement de ce waterfront newyorkais est resté un enjeu particulièrement stratégique.

L’idée du concours a été de réorienter le développement urbain sur la base de bâtiments fabriqués à partir de ressources renouvelables, tout en offrant du logement abordable, en innovant avec des matériaux en bois, en offrant des environnements de travail et des milieux de vie sains.

Les projets avaient pour mandat de  programmer l’installation d’un centre de fabrication et d’innovation du bois. La revitalisation du site devait aussi contenir les éléments suivants : densité moyenne, mixité des usages, logement social, formation professionnelle.

« Grow Your Own City »

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Benjamin Bye, Alex Kenton, and Jason Rood, University of Oregon

Le projet Grow Your Own City (« cultive ta ville ») intègre particulièrement bien les enjeux environnementaux et sociaux. Des innovations environnementales sont proposées tout en tenant compte du phénomène de gentrification par l’offre de logement abordable. Les bâtiments en modules de bois préfabriqué offrent une variation des volumes et des hauteurs qui permettent un bon arrimage du projet au quartier.

Respectant le règlement de zonage et les politiques en vigueur, le projet propose les éléments suivants:
– Mise en valeur de la forêt, du bois et des écosystèmes du Nord-Est américain (dans la construction et dans l’éducation)
– Ouverture d’un restaurant et d’une boutique de réparation de vélo portée sur l’emploi local
– Aménagement d’une allée verte avec piste cyclable et éducation au bois dans la construction

De plus, voici les pratiques durables proposées :
– Collecte des eaux de pluie, mais aussi leur réutilisation sur le site.
– Énergie solaire à travers les panneaux photovoltaïques
– Réhabilitation de bâtiments
– Écosystèmes recréés

« Cultivating Timber » (2e prix)

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Christopher Gardner, University of Texas at Austin

Le second projet Cultivating Timber  (« cultiver le bois ») se distingue par sa continuité avec l’Histoire de Red Hook. L’idée est de transformer le maximum d’éléments de construction sur le site, par exemple lors de la transformation du bois. L’ensemble des éléments structuraux sont préfabriqués sur le site. Le « phasage » de la construction permettra aux futurs résidants de continuer à influencer la construction au fur et à mesure du chantier.

Le projet propose les éléments suivants:
– Mise en valeur du Warehouse (« entrepôt »)
– Différentes densités et bonne intégration du bâti existant
– Mise à profit des nombreuses scieries le long du Canal Erie et de l’Hudson River
– Transport du bois brute par les voies d’eaux, canaux historiques du développement new yorkais. De plus, le transport du bois par des barges permettra de réduire considérablement les émission de gaz à effet de serre.

« Swamp Machine »

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Benjamin Ahearn, Kristin Karlsson, Carey Moran University of Washington

Le projet Swamp Machine (« la machine submergée ») vise à prendre en compte les inondations saisonnales que connait cette partie de la ville, en jouant sur la présence de la végétation aquatique. Projet proposant d’offrir des unités hybrides dédiées tant à la fabrication qu’à l’habitation. De plus, la rue principale est renforcée et on insiste sur l’intégration du projet au reste du quartier.

La swamp et sa végétation est particulièrement adaptée aux caractéristiques du sol, elle est en adéquation avec les activités industrielles et le récréotourisme. Elle va pouvoir prendre racine et se régénérer naturellement. De plus elle participe à améliorer la qualité de l’eau par filtrage naturel.

« Courtyard Cathedral »

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Timothy Olson, Massachusetts Institute of Technology

Le projet Courtyard Cathedral (« une cour cathédrale ») vise à employer des méthodes innovantes d’assemblage du bois et à générer des idées sur la construction, par exemple, l’utilisation de modules de bois en croix CLT. La mise en valeur de ces modules de bois ressort dans le design. Le projet permet de densifier le site en s’harmonisant avec les warehouses voisins. Les espaces prévus sont vastes et proposent une très bonne acoustique pour différentes utilisations.

Construire en bois au Québec

Jusqu’en 2013, le Code de construction du Québec limitait l’utilisation du bois structural aux immeubles de quatre étages, cette norme est en train d’être modifiée pour permettre des immeubles en bois de cinq et six étages. Le gouvernement du Québec entend encourager l’utilisation du bois dans la construction, conscient du potentiel de cette ressource, abondante sur le territoire.

Par ailleurs, les entreprises spécialisées en habitations écologiques et construction en bois sont de plus en plus nombreuses. L’utilisation du bois est ainsi une occasion d’innover. De nouvelles formes d’architectures et de pratiques durables émergent. Accroître l’utilisation du bois est l’occasion de se tourner vers un matériau écologique, et d’atténuer les émissions de gaz à effet de serre par l’utilisation des ressources locales.

La construction de grandes infrastructures et équipements, pourraient aussi généraliser le recours au bois. Il a justement été question que le colisée de Québec soit construit en bois. L’idée est aujourd’hui remise en question mais on peut penser que le feuilleton n’est pas finit.

L’avenir du bois à de fortes racines et les innovations en la matière permettent maintenant d’atteindre de nouvelles cimes.

Par Félix Gravel

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