Des dalles au-dessus des autoroutes

Les autoroutes implantées au cœur de la ville constituent des frontières pour quiconque se déplace à pied, à vélo et veut profiter de l’environnement urbain. Heureusement, Les recouvrements d’autoroutes ont la cote titrait récemment le chroniqueur Marc-André Carignan. Le recouvrement partiel de l’autoroute Ville-Marie, à Montréal, suscite des superbes perspectives et les exemples internationaux inspirent de nombreuses idées. Malheureusement, un recouvrement d’autoroute est entrain d’être enfoui aux oubliettes: la « dalle-parc » de l’échangeur Turcot.

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Annoncée en même temps que le projet d’autoroute, l’aménagement pour piétons d’une dimension de 1900 m2, semblait la maigre compensation d’un projet essentiellement dédié aux transports motorisés et tenant à peine compte des quartiers voisins denses et largement propices aux déplacements à pied et à vélo.

Depuis que le projet est en conception finale, le Ministère des transports du Québec (MTQ) est resté muet à son sujet et très vague sur les liens inter-quartiers en général. Pourtant situé à quelques encablures du Canal de Lachine, la dalle permettrait de relier le Sud-Ouest à la falaise Saint-Jacques et de désenclaver tout un secteur de Montréal (on la voit notamment sur cette carte). Jusqu’à maintenant, elle a seulement permis d’exhiber des piétons et des cyclistes sur les images verdoyantes déployées lors de l’annonce du projet Turcot.

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À l’époque, on parlait d’un «projet de compromis». Et pourtant, le projet retenu et les mesures de bonification ont évacué la  « dalle-parc » et ont encore plus délaissé les piétons et les cyclistes dans ce projet d’un autre siècle. Le MTQ repousse à plus tard l’intégration d’un tel lien… Après la fin des travaux autoroutiers…

Les coûts dépassent les 3,7 milliards de dollars et la folle dépense autoroutière n’a pas finit de gonfler. En bout de ligne, le chèque en blanc accordé aux infrastructures automobiles justifie qu’on coupe dans le financement des infrastructures dédiées à la marche et au vélo.

Utiles dans les esquisses d’ambiance urbaine, les piétons sont aussi utiles pour justifier une subite rigueur dans les dépenses publiques, comme si ces usagers étaient trop petits, pas importants. Dommage que les décideurs ne voient en eux l’utilité qu’ils ont pour la qualité de l’air et la vitalité urbaine. Dommage qu’on ne reconnaisse les solutions de mobilité qu’ils offrent et le faible coût qu’ils font porter dans les dépenses de transport.

À chaque infrastructure autoroutière son argumentaire et son faux côté vert.

Souhaitons que les recouvrements d’autoroute se multiplient et que les dalles verdies ne soient pas que des mirages…

Pour l’instant on oublie trop souvent les dalles et impose de nombreux dédales aux piétons.

F.G.

turcot

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