Le Québec doit donner plus d’amour à ses piétons

Lancés à toute allure dans l’urgence de nos vies, pouvons-nous comprendre que la vitesse automobile est un fléau? Elle est la principale cause, mais pas la seule, d’une mortalité des piétons en brutale hausse au Québec.

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63 décès en 2016. C’est 40% de plus qu’en 2015, soit 18 morts supplémentaires en 12 mois. C’est aussi 8% de plus que la moyenne des 5 dernières années!

Pendant que les piétons meurent, le parc automobile progresse. Depuis 5 ans, 500 000 véhicules se sont ajoutés sur nos routes et nos rues. À elle seule, la région de Montréal a en reçu 200 000 en 5 ans; 390 000 en dix ans; majoritairement des pick up et des VUS.

Pour accueillir plus de voitures et de camions, on synchronise les lumières, on diminue les temps de traverse piétons, on autorise peu à peu les virages à droite au feu rouge et, partout, on élargit les routes et les autoroutes.

Les comportements sont certes en cause dans l’insécurité routière. Les passages piétons sont trop souvent optionnels pour les conducteurs: un piéton hésite souvent à s’y engager. La lumière jaune, elle, est trop souvent interprétée comme un signal d’accélération. Les piétons eux aussi sont parfois pressés, préoccupés, distraits.

Mais au-delà des comportements, il y a l’aménagement de voies qui incitent à la vitesse et font fi des piétons. Le dernier bilan routier restera ainsi marqué par le décès d’une fillette de 7 ans dans une rue sans trottoir. Ce bilan tragique, c’est aussi celui d’une vulnérabilité de plus en plus grande avec le vieillissement de la population. Si les aînés sont de plus en plus nombreux à être renversés, c’est que les rues et artères de nos villes ne sont pas conçues à l’échelle du piéton.

On peut et on doit inverser la tendance! Le chantier de la sécurité routière doit impliquer toutes les bonnes volontés et engager les moyens nécessaires, qu’ils soient techniques ou budgétaires. Il faut changer le Code de la sécurité routière, mais aussi la manière dont on aménage nos villes et nos réseaux de transport. Dans chaque nouvel aménagement, le réflexe piéton doit devenir la norme: ramener la dalle-parc promise avec l’échangeur Turcot, systématiser les trottoirs, sécuriser les intersections.

Redonner leur place aux piétons est un défi qui est au cœur de la mobilité durable, de l’économie de proximité et de la santé publique.

Nous sommes tous piétons, à temps plein ou à l’occasion. Voir le bilan routier s’améliorer mais laisser de côté les plus vulnérables d’entre nous est insupportable. Frappé à 50 km/h, un piéton meurt.

Il est temps de revoir notre conception de la vitesse et de donner plus d’amour aux piétons du Québec.

 

Félix Gravel et Jeanne Robin, co-porte-paroles de Piétons Québec

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One Response to Le Québec doit donner plus d’amour à ses piétons

  1. Marc Nolin says:

    Il faut revoir en entier la vision que nous avons de notre réseau routier : https://dl.dropboxusercontent.com/u/67165938/Le%20r%C3%A9seau%20%C2%AB%20routier.pdf

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